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Les enjeux de la grève étudiante de 2012: pourquoi sommes-nous contre la hausse des frais de scolarité?

Les étudiants en sciences humaines de l’UQAM sont maintenant en grève depuis quelques semaines et le mouvement ne cesse de s’intensifier. Ce mouvement connaîtra probablement son apogée le 22 mars alors qu’une manifestation nationale regroupant des étudiants de la CLASSE et de la FECQ-FEUQ se tiendra à Montréal. Cet article se veut une réflexion sur le sujet quant à savoir quel est le but recherché par cette grève et quelles en sont les revendications. Il s’agit également, dans un deuxième temps de dénoncer quelques décisions, évènements ou incidents fâcheux qui ne font, au final, que miner les efforts de la mobilisation étudiante.

Un choix de société

Il faut tout d’abord se demander pourquoi ne voulons nous pas de cette hausse de 1650$ sur 5 ans. L’enjeu peut sembler à priori d’ordre économique mais en est-il vraiment ainsi? Une bonne partie de l’argumentaire des mouvements étudiants semblent malheureusement donner raison au discours individualiste et économique en admettant que l’éducation est avant tout un investissement personnel. Bien que cette dernière ne soit pas complètement fausse, il est dangereux, voire suicidaire de se lancer dans cette optique. Il faut arrêter de tenter d’expliquer le tout à partir des simples parties et recommencer à percevoir la société comme un tout qui vaut plus qu’une vulgaire somme des individus. Prenons par exemple les pays qui ont opté pour un système d’éducation gratuit ou très accessible, c’est-à-dire la plupart des pays d’Europe (que l’on oublie trop souvent). Ces systèmes mis en place ne l’ont pas été pour servir les intérêts personnels de chaque individu voulant investir pour son propre avenir. Ils ne l’ont probablement pas été non plus pour favoriser une plus grande fréquentation des universités. Il s’agit tout d’abord d’un choix de société. Ce qui veut dire que chaque société choisis des priorités, reflétant souvent les valeurs préconisées par celle-ci. C’est ainsi que certaines sociétés voient leur richesse dans leurs ressources naturelles exploitables tandis que d’autres, voient dans le savoir, une richesse bien plus grande encore. D’un point de vue économique, un tel choix s’avère souvent très avantageux pour une société car cela lui permet de ne plus se limiter qu’au secteur primaire de l’économie mais également de s’imposer d’avantage dans les secteurs secondaire et tertiaire, souvent propres aux pays les plus développés. Les premières grandes civilisations de l’humanité, en Mésopotamie, se son épanouies de cette façon et les pays les plus avancés de notre époque le sont pour les mêmes raisons. Lire la suite

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La communauté étudiante d’ici, l’une des plus méprisées de la planète.

Cette lettre est une réponse au billet du 17 février 2012 de Normand Lester : La petite bourgeoisie d’ici, l’une des plus fainéantes de la planète.

M. Lester,

Suite à la lecture de votre éditorial, je me suis sérieusement demandé si celui-ci méritait une réponse. Hormis l’élaboration d’un portrait grossier de la communauté étudiante, teinté de jugements de valeurs et d’attaques ad hominem, on y retrouve bien peu de substance. En d’autres circonstances, j’aurais sans mal pu accueillir votre missive dans une parfaite indifférence. Nous n’aurions pas assez d’une vie pour répondre à tous les brulots haineux qui circulent sur la toile! Or, dans ce cas précis, je ne pouvais pas me taire, simplement parce que l’auteur de ce brulot haineux, c’était vous.

Si vous permettez, je souhaite faire ici un saut dans le passé. Il y a dix ans presque jour pour jour, le 15 février 2001, je me trouvais au Pied-du-courant avec une poignée de militants nationalistes pour commémorer la pendaison de cinq patriotes. J’avais à peine 17 ans et j’étais habité par des illusions grandioses, cela va de soi. Notre troupe peu nombreuse, frigorifiée, certes, mais passionnée s’est mise en marche dans la bonne humeur vers l’ouest, entonnant des chansons et brandissant des drapeaux tricolores. Bien sûr, nous sommes prestement arrivés devant la tour de Radio-Canada.

Deux mois auparavant, la suspension de vos fonctions à la télévision d’état avait scandalisé un large pan de la population québécoise. Étant alors un adolescent farouchement militant et avide d’informations, j’avais suivi ce dossier avec grande attention. Vous étiez alors pour moi un modèle d’intégrité journalistique, de courage et de rectitude face à vos convictions. Les modèles souverainistes positifs, en 2001, se faisaient rares. C’est pour cette raison que, devant la grande tour de Radio-Canada, du haut de mes 17 ans, je me suis arrêté et je me suis mis à scander innocemment votre nom. Un de mes potes, trouvant la chose cocasse, fit la même chose. Bien vite, toute la marche fit halte pour signifier leur solidarité envers vous. Vos publications autant que votre démission constituaient des symboles forts, fédérateurs si je puis me permettre.

En mon sens, votre renommée repose sur la rigueur de votre travail journalistique (thèses étayées par des faits, traitement de sujets aussi négligés que nécessaires pour la société québécoise, protection de vos sources, etc.). Toutefois, quand j’ai lu La petite bourgeoisie d’ici […], je ne vous ai pas reconnu. Ce texte n’est pas digne de vous. Lire la suite

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