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La communauté étudiante d’ici, l’une des plus méprisées de la planète.

Cette lettre est une réponse au billet du 17 février 2012 de Normand Lester : La petite bourgeoisie d’ici, l’une des plus fainéantes de la planète.

M. Lester,

Suite à la lecture de votre éditorial, je me suis sérieusement demandé si celui-ci méritait une réponse. Hormis l’élaboration d’un portrait grossier de la communauté étudiante, teinté de jugements de valeurs et d’attaques ad hominem, on y retrouve bien peu de substance. En d’autres circonstances, j’aurais sans mal pu accueillir votre missive dans une parfaite indifférence. Nous n’aurions pas assez d’une vie pour répondre à tous les brulots haineux qui circulent sur la toile! Or, dans ce cas précis, je ne pouvais pas me taire, simplement parce que l’auteur de ce brulot haineux, c’était vous.

Si vous permettez, je souhaite faire ici un saut dans le passé. Il y a dix ans presque jour pour jour, le 15 février 2001, je me trouvais au Pied-du-courant avec une poignée de militants nationalistes pour commémorer la pendaison de cinq patriotes. J’avais à peine 17 ans et j’étais habité par des illusions grandioses, cela va de soi. Notre troupe peu nombreuse, frigorifiée, certes, mais passionnée s’est mise en marche dans la bonne humeur vers l’ouest, entonnant des chansons et brandissant des drapeaux tricolores. Bien sûr, nous sommes prestement arrivés devant la tour de Radio-Canada.

Deux mois auparavant, la suspension de vos fonctions à la télévision d’état avait scandalisé un large pan de la population québécoise. Étant alors un adolescent farouchement militant et avide d’informations, j’avais suivi ce dossier avec grande attention. Vous étiez alors pour moi un modèle d’intégrité journalistique, de courage et de rectitude face à vos convictions. Les modèles souverainistes positifs, en 2001, se faisaient rares. C’est pour cette raison que, devant la grande tour de Radio-Canada, du haut de mes 17 ans, je me suis arrêté et je me suis mis à scander innocemment votre nom. Un de mes potes, trouvant la chose cocasse, fit la même chose. Bien vite, toute la marche fit halte pour signifier leur solidarité envers vous. Vos publications autant que votre démission constituaient des symboles forts, fédérateurs si je puis me permettre.

En mon sens, votre renommée repose sur la rigueur de votre travail journalistique (thèses étayées par des faits, traitement de sujets aussi négligés que nécessaires pour la société québécoise, protection de vos sources, etc.). Toutefois, quand j’ai lu La petite bourgeoisie d’ici […], je ne vous ai pas reconnu. Ce texte n’est pas digne de vous. Lire la suite

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Catégories : Chronique de la haine ordinaire, Grève générale 2012, Mouvement étudiant | Mots-clés : , , , , | 1 commentaire

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