Non. Ce n’est pas de la théologie.

Le département de sciences des religions de l’UQÀM faisait partie de l’ensemble des sciences humaines lors de la fondation de l’université en 1969. Ses membres provenaient alors des Écoles normales Jacques-Cartier et Ville-Marie, ainsi que du collège Sainte-Marie. Dès le début ils s’entendaient pour pratiquer et transmettre une approche non théologique dans l’étude de la religion, dans la tradition de l’Histoire et de la phénoménologie des religions ou de la Religionsgeschichte. Afin de bien marquer la spécificité de leur discipline dans le système universitaire québécois où seule la théologie avait caractérisé l’étude de la religion jusqu’alors, les professeurs et professeures avaient choisi de porter le titre de religiologue et de nommer leur démarche religiologie.

Les années 1970 furent consacrées essentiellement au développement de la programmation de premier cycle dont les enseignants constituaient la clientèle majoritaire. Mais, dès le départ également, le département s’était donné comme objectif le développement d’une recherche originale et la formation aux études supérieures. En témoigne l’ouverture, en 1972, d’une maîtrise es arts en sciences religieuses. Par ailleurs, de vives et constantes discussions épistémologiques et méthodologiques se poursuivaient tant entre les membres de l’équipe professorale qu’avec les collègues d’autres universités, pour clarifier la nature de la religiologie, sa position au sein des sciences humaines et ses rapports avec la théologie. En témoignent la première publication collective intitulée Religiologiques(1970), ainsi que de nombreuses participations à des colloques nationaux et internationaux porteurs de la question disciplinaire. À cet égard il faut retenir tout particulièrement le rôle des professeurs Raymond Bourgault et Yvon Desrosiers, premier directeur du département.

Les années 1980 pourraient être caractérisées par le passage d’un souci de définir un programme disciplinaire nouveau pour le Québec, à celui d’en développer la fécondité au moyen de recherches empiriques et théoriques particulières. Le deuxième collectif du département, Religion et culture au Québec : Figures contemporaines du sacré (Fides, 1984), en livre une illustration concrète. L’ouverture d’un programme de doctorat en sciences des religions en 1988 permit alors au département de devenir le seul au Québec à offrir une formation à tous les niveaux en français et signale également qu’un seuil important de reconnaissance académique a été franchi. Ce doctorat offert conjointement avec l’université Concordia engage également les deux universités à développer davantage une collaboration inaugurée dès 1978 par la fondation du Regroupement interuniversitaire pour l’étude de la religion.

Les années 1990 poursuivent le développement en nombre des étudiants et des professeurs, des programmes desservis, des recherches subventionnées et des publications. En témoigne la fondation d’une revue savante accessible en format électronique qui reprend le titreReligiologiques (1991) et où paraît, en 1994, un numéro thématique anniversaire sur le thème «Construire l’objet religieux» qui permet de situer l’entreprise de connaissance du département dans le contexte de la recherche internationale. En témoigne également réalisation du collectif départemental Un monde de religions qui présente une introduction au panorama mondial des traditions religieuses de l’humanité.

Le département a depuis lors abordé le nouveau millénaire en toute confiance avec bon nombre d’initiatives majeures. La première fut la direction par deux professeurs d’un collectif intitulé L’Étude de la religion au Québec. Bilan et prospectives, collectif qui tente de faire une synthèse de la production savante québécoise et de dégager des pistes de recherches pour l’avenir. La seconde initiative se place dans la poursuite de l’effort entamé avec la création du doctorat conjoint avec Concordia puisque depuis 2001, l’Université Laval a rejoint ce programme. L’arrivée de la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval a permis aux étudiant-e-s de notre département d’avoir accès à un immense foyer de chercheur-e-s francophones et anglophones. Enfin, des voyages d’étude en Inde ou au Tibet, auxquels étudiant-e-s et professeurs ont participé, ont abouti avec succès sur la tenue de colloques, de films ou de publication (Religiologiques 23, «Pérégrinations au Tibet»).

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