Archives d’auteur : Miguel B-Longpré

L’évocation de la nation chez François Legault

L’évocation de la nation chez François Legault

François Legault est le politicien (non-élu) duquel il fut le plus question au cours des derniers mois dans l’actualité politique québécoise. Ancien ministre péquiste et fondateur de la compagnie aérienne Air Transat, Legault est le nouveau représentant du changement dans la joute politique au Québec. Avant d’être officiellement un parti politique, la Coalition Avenir Québec que dirige Legault se voulait un groupe de réflexion et de consultation populaire non partisan, c’est-à-dire dans le contexte québécois, ni fédéraliste, ni souverainiste. Ici, l’important est désormais de redonner vie au Québec : il faut « solidifier les fondements de notre société[1] » pour qu’elle soit plus performante, plus attrayante et à terme, fière d’elle !

Ni souverainiste, ni fédéraliste, pour une posture nationaliste.

Le texte fondateur du mouvement rendu public au début de l’année 2011 avait pour but de bien baliser le ton et l’angle sous lesquels se dérouleraient les rencontres avec les citoyens. Pour les membres de la CAQ, il allait de soi que la société québécoise avait « perdu ses repères et la confiance en elle-même » et ce, principalement en raison de l’incapacité du peuple québécois « à trouver une solution rassembleuse à la question nationale [2]». À défaut d’être en mesure de trouver une solution suscitant de l’intérêt quant au statut du Québec à l’intérieur du Canada, Legault rétorque qu’il faut plutôt « prendre une position nationaliste[3] ». En effet, puisqu’avant même d’être fédéralistes ou souverainistes, nous dit Legault, les Québécois sont « très majoritairement nationalistes [4]».

Dès sa naissance, le mouvement politique de Legault alimente le paradoxe. D’un coté, il avance la nécessité de réaffirmer un monde commun basé sur l’intérêt de la nation, et de l’autre il revendique le fait qu’il soit impossible pour l’instant de trouver une solution nationale au problème qui porte son nom. Mais alors, comment savoir ce qui est de notre intérêt si on ne peut pas d’abord dire qui l’on est ? Opter pour une position nationaliste ne suppose t-il pas a priori une adhésion commune dans l’acte de faire nation, quant à la nature et la fonction de la nation, et donc au final : à une résolution de la question nationale ? Lire la suite

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