Archives mensuelles : mars 2012

22 mars

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200 000 personnes qui jurent que le mouvement ne s’essoufflera pas. Ça fait chaud au coeur de ceux qui en ont un!

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La Parabole du macaroni et l’esprit de sacrifice: réponse à Martineau

Dans sa réplique aux étudiantes et étudiants publiée son blogue le samedi 24 mars, Richard Martineau a su résumer en deux phrases l’essentiel d’un conflit intergénérationnel :

« Or, je persiste et signe. Quand jétais étudiant, je navais pas les moyens daller manger sur la terrasse dun resto chic dOutremont. On vivait à 5 dans un appartement minable et on mangeait du macaroni. Et je navais pas les moyens de macheter les gadgets de lépoque. Je me suis serré la ceinture, jai INVESTI dans mon avenir, et aujourdhui, je suis heureux davoir fait ces SACRIFICES. »

Cette parabole du macaroni et des sacrifices, elle m’a été servie de nombreuses fois par mon père (sauf que dans son cas, c’était des toasts au beurre de pinottes.) Dans le temps, des dires même du paternel, la population étudiante était pour la grande majorité jeune et sans le sou. Issue de familles nombreuses et de milieux très modestes, elle n’a pu compter pour financer ses études d’aucun autre soutien que celui que le gouvernement d’alors avait jugé bon d’instaurer, sous la forme de prêts et bourses couvrant de misère ses besoins de base.

Ses études terminées, mon père a reconduit ce même esprit de sacrifice dans sa carrière. Le plus clair de mon enfance, il a fait le sacrifice de sa vie de famille pour monter une entreprise qui, bien qu’elle lui bouffa 6 jours de sa semaine pendant plus de 10 ans (le 7e, il dormait…), nous sortirait éventuellement tous du besoin. Ma mère a pour sa part fait le sacrifice de son autonomie financière et de son épanouissement professionnel, en grande partie parce que la garderie était hors de portée du budget familial. Motivés par le désir de nous donner mieux que ce qu’ils avaient reçu eux mêmes, mes parents se sont investis et ont fait des sacrifices pour nous assurer, à ma sœur et moi, un avenir meilleur.

Ces générations (les boomers et les X, pour faire dans les catégories) ont effectivement mangé plus que leur part de macaroni pour se sortir de leur condition de pauvreté. Dans le Québec émergent post 1967, c’était ce qu’il y avait de plus digne à faire. Ces sacrifices consentis étaient alors porteurs de promesses et de sens parce qu’ils permettait réellement, à qui en avait la chance et s’en donnait la peine, d’améliorer sensiblement ses conditions de vie. Ces hommes et ces femmes ont en bonne partie réussi, et nous leur devons pour cela admiration et respect.

Self made man exemplaire, mon père a su me transmettre l’amour du travail et la valeur de l’effort. Je dois à ces valeurs transmises, ainsi qu’à l’appui financier familial (dont je n’ai par ailleurs jamais abusé, trop consciente, voire vaguement honteuse, de dépenser l’argent durement gagné) d’avoir poursuivi jusqu’aux cycles supérieurs mes études postsecondaires.

***

Le statut d’étudiant couvre aujourd’hui des réalités sociales complexes; la majorité travaille à temps partiel alors il n’est pas rare pour des travailleurs de tous domaines de souscrire à la formation continue. Les parents étudiants sont nombreux, les familles monoparentales aussi. Il y a des quarantenards en réorientation de carrière, des retraités qui veulent se garder l’esprit aiguisé… Les études n’ont plus grand chose à voir avec une étape de vie bien cadrée concernant une population dans la 20aine cheminant vers la vie « adulte » de travailleurs actifs.

J’ai passé les huit dernières années de ma vie dans l’université, partageant mon temps entre les études et et le travail (précaire) d’assistance à l’enseignement et à la recherche. Je suis également devenue maman au début de la maîtrise. Foi de mère-étudiante-travailleuse, aucune instance gouvernementale sensée soutenir l’accès aux études et/ou les nouvelles familles n’est réellement adaptée à la complexité des situations où peuvent se retrouver les étudiantes et les étudiants aujourd’hui. Le Programme de prêts et bourses (conçu pour le modèle étudiant des années 1980), comme le Régime québécois d’assurance parentale (conçu pour des travailleurs 9 à 5), sont des instances qui ne se parlent pas entre elles, alors qu’elles sont impliquées de concert dans la situation financière de milliers de personnes et de leurs familles.

Vous parlerai-je de ces quelques 7000$ durement gagnés en bourses d’excellence, pour lesquelles j’ai tout donné pendant le BAC (foutue moyenne!), et qui m’ont été retranchés cette année sur les Prêts et bourses gouvernementaux parce que j’ai eu le malheur de gagner plus de 12 000$ en 2011? (Pour l’année en cours, la carte de crédit couvre le gouffre financier.) Vous parlerai-je de toutes ces bourses d’excellence (environ 80% des offres) auxquelles j’étais inadmissible parce que j’ai eu le malheur de commencer la maîtrise à temps partiel pour cause de maternité? (Malgré un dossier académique exemplaire, un cheminement atypique est une garantie de non reconnaissance au sein des structures universitaires.) Vous parlerai-je, enfin, de ces quelques 600$ que m’a réclamé le Régime québécois d’assurance parentale parce que j’ai osé travailler une poignée d’heures réparties sur trois mois en même temps que je recevais des prestations de nouvelle maman? Prestations qui, soit dit en passant, sont calculées dans les mêmes proportions pour tout revenu annuel de 50 000$ et moins… Juste pour le plaisir de l’exercice, vous calculerez 55% d’un salaire hebdomadaire pour un revenu annuel de 8000$, pour voir combien ça paye de macaronis… Heureuse d’être encore à deux pour parer solidairement aux absurdités du système, car ces mesures de « soutien », qui ont fortement tendance à s’annuler les unes les autres, maintiennent même les plus avisé.e.s dans une précarité financière constante.

Mais il y a pire. Les professeur.e.s sont de plus en plus nombreux et nombreuses à dénoncer la mauvaise gestion et le mal-financement des universités. Les tâches bureaucratiques paralysent les activités d’enseignement. Des millions de dollars sont accordés à la recherche alors que des professeurs, libérés de leurs obligations, s’occupent à gérer des sommes astronomiques en subventions de recherche à l’extérieur de la communauté universitaire, souvent aux profits d’intérêts privés à peine déguisés. Ajoutez à cela toutes les bêtises cumulées par le gouvernement en place, qui vend à rabais les ressources naturelles, se fout des urgences environnementales, impose des taxes sur la santé, fait des cadeaux fiscaux aux entreprises, offre des contrats sans appel d’offre… Ça sent le copinage, le conflit d’intérêt. Ça sent fort. Même que ça empeste…

D’un côté ces tristes clowns nous servent des sermons peu crédibles, alors que de l’autre se multiplient les études, les expertises, les avis indépendants soutenant qu’un bon ménage de nos institutions (la fin des chaînes de privilèges et de la corruption) et une meilleure redistribution de la richesse (plus de paliers d’imposition, une meilleure gestion de nos ressources naturelles, la taxation responsable des entreprises) suffiraient largement à couvrir la gratuité scolaire, l’accès à la santé, voire tous les programmes sociaux confondus.

Et l’on vient nous haranguer à propos de la nécessité de faire des sacrifices et d’investir dans notre avenir. On nous dit, non sans condescendance, que nos cheminements n’auront pas de valeur à moins que nous ne gagnons ce que nous avons à force de souffrances et de renoncement. Le problème est précisément là : faire des sacrifices en tant qu’étudiant dans les années 80-90, c’était porteur de sens. Faire des sacrifices pour faire plaisir à ce gouvernement vendu, corrompu et clos sur lui même, alors qu’année après année, les riches continuent s’enrichir, s’appropriant sous le couvert du privé la richesse collective tout en répandant comme une évidence la rhétorique du manque (les fameuses parts de gâteau, ou ces bouts de « couverte » que chacun tire de son bord), cela n’a absolument aucun sens.

***

Je trouve ignoble que la réalité d’étudiants plus aisés festoyant sur les terrasses chic d’Outremont vienne masquer celle, beaucoup plus commune, d’étudiants-parents-travailleur surnageant session après session dans l’absurdité bureaucratique et la précarité financière qu’elle engendre. Hier comme aujourd’hui, les étudiants pauvres, seuls ou en famille, restent chez eux et font des sacrifices. Ils ont en fait le choix entre manger du macaroni ou combiner dans des proportions destructrices travail et études. Dans les deux cas, ils se ruinent la santé physique et psychologique au nom d’une hypocrite nécessité qui ne profite finalement qu’aux mieux nantis. Et ils ne sont pas seuls dans cette condition aliénante : allez demander à tous ces travailleurs et travailleuses désillusionnés, dépossédés de la moindre prise sur leurs conditions de travail, peut être même aux portes du burn-out, si les sacrifices auxquels on leur demande de consentir leur donnent l’impression d’investir dans leur avenir.

Dans la foulée de la Révolution tranquille, la réforme de l’université et le programme de prêts et bourses mis en place par le gouvernement avait pour objectif premier de soutenir par le moyen de l’éducation le développement et le bien-être général de la société québécoise. Il est navrant de constater qu’aujourd’hui, beaucoup de celles et de ceux qui ont bénéficié de ce soutien de leur propre société se désolidarisent de ceux qui les ont suivis, arguant qu’ils ne souffrent pas assez pour avoir le droit de se plaindre. Je vois mal pourtant comment une personne constamment placée en position de survie, assurée d’être endettée plus de la moitié de sa vie (après le prêt étudiant viendra l’hypothèque…), peut constituer une richesse pour sa société. Avec la parabole du macaroni et l’esprit de sacrifice qu’elle prône, c’est tout le projet d’amélioration du monde pour les générations futures qui est foulé aux pieds.

En définitive, il me semble plus qu’approprié de parler de parabole en ce qui concerne les macaronis de Martineau. Il y a dans cette valeur immense accordée au sacrifice un relent de religiosité catholique qui consacre la valeur des réalisation impliquant peine, souffrance et abnégation. Jésus, ce fier sémite révolutionnaire, n’a-t-il pas souffert sur la croix pour nous sauver tous? J’imagine pourtant mal notre Sauveur revenir à Pâques dire à ses apôtres que leurs efforts pour aider les plus démunis ne valent rien, à moins qu’ils n’aillent se faire crucifier eux aussi.

Le jour où le gouvernement aura fait ses devoirs de transparence, de responsabilité et de redistribution solidaire de la richesse, le jour où les riches (les particuliers comme les entreprises) feront eux aussi leur juste part, le jour où nous gérerons respectueusement nos richesses collectives en les considérant pour ce qu’elles sont vraiment : le patrimoine des générations à venir, alors je promets solennellement de consentir dans la joie à tous les sacrifices nécessaires pour soutenir l’épanouissement de ma société. D’ici là, je veux pouvoir vivre sainement, prendre le temps qu’il faut pour être vraiment présente auprès de mon enfant, m’impliquer bénévolement dans ma communauté, partager de bon cœur et sans compter le peu que j’ai et nourrir mes amitiés, celles qui restent quand le soutien de l’État fout le camp, parce que ce sont à mes yeux les moyens les plus sûrs d’investir réellement dans mon avenir et celui des miens.

Je ne servirai pas la parabole du macaroni à ma fille. En fait, je ne lui souhaite rien de moins qu’une existence plus douce que la mienne, plus stable et moins stressante, plus épanouie. Avec un peu de chance, peut-être arriverai-je à lui partager l’amour du travail et la valeur de l’effort qui m’ont été légués, de sorte qu’elle puisse un jour trouver autant de fierté et de plaisir que moi à faire de son mieux. En lui donnant l’exemple, peut-être même arriverai-je à lui transmettre un certain sens de la solidarité et de la responsabilité qui lui fera voir toute la pertinence et l’importance d’oeuvrer au bien-être de celles et ceux qui viendront après elle, malgré les difficultés et les sacrifices.

Émilie Dazé, citoyenne québécoise contre la hausse et POUR UN CHANGEMENT SOCIAL GLOBAL

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Un monde si proche – Richard Martineau et la baisse des pensions de vieillesse

Ce texte a beau être une fiction, toute ressemblance avec la réalité n’est pas du tout fortuite. Ce dialogue est un hommage que je dédie à tous les non-étudiants qui supportent notre lutte contre la hausse et qui comprennent que ce combat est celui de toute notre collectivité.

–          Toc toc toc.

–          …

–          Toc toc toc. Madame Lécuyer?

–         

–          TOC TOC TOC. Madame Lécuyer!

–          Ouayons…qu’est-cé…C’est qui?

–          C’est Richard Martineau, Madame. Je suis journaliste.

–          …

–          Je visite votre hospice pour connaitre l’opinion des résidents sur la baisse des pensions de vieillesse.

–          …Attendez minute. La dame ouvre lentement la porte.

–          C’était long! Vous vous prélassez souvent comme ça en plein après-midi?

–          Ben…je faisais une petite sieste…j’étais fatiguée…

–          Ah oui! « Fatiguée » [il fit des guillemets avec ses doigts]. En tout cas…Comme vous l’avez vu aux nouvelles, le gouvernement n’a plus assez d’argent pour payer vos pensions de vieillesse astronomiques comme avant. Il commençait à être temps que vous fassiez votre part pour les finances publiques, vous trouvez pas?

–          Franchement, Monsieur! J’avais déjà assez de misère à arriver avec ce qu’on me donnait, je sais pas comment je vais faire astheure…

–          Ah! Oh! Lâchez-moi avec ça! La baisse va juste vous enlever une dizaine de piastres par jour. C’est quoi dix piastres pour vous dans le fond?

–          Mais je vous le dis que j’arrive pas! Presque toute mon argent va à la résidence. Il me reste pas grand-chose à la fin du mois.

–          Ouais, ouais…c’est ça. Moi là, à chaque fois que je va au centre d’achats, y’a plein de petits vieux qui jasent à’ journée longue en buvant des cafés! Ils se font faire des permanentes, ils s’achètent des gratteux, ils vont flasher dans les bingos…Coupez là-dedans pis vous allez voir que vous avez les moyens de faire votre part! Lire la suite

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Économie du savoir : le crépuscule du règne des idiots utiles

Au cours de cet article, je laisserai partiellement de côté mon statut d’étudiant en sciences des religions pour parler à titre de conseiller en dotation, emploi que j’occupe avec passion depuis près d’un an. Comme vous pouvez l’imaginer d’après le titre qui coiffe ce billet, le sujet auquel je souhaite m’attaquer est pour le moins controversé. Si je devais le résumer en une phrase, je pourrais dire qu’il s’agit d’une réponse aux bien-assis qui reprochent aux étudiants de revendiquer des changements au niveau du financement des institutions scolaires alors qu’ils auraient un train de vie supposément aisé. J’avancerai l’hypothèse que l’accès aux technologies de pointe, le questionnement de l’autorité ainsi que le développement d’une vie sociale riche sont des facteurs essentiels d’épanouissement à la fois collectif et économique.

Les changements radicaux qu’entraîne l’économie du savoir au niveau de l’emploi exigent une révision profonde de notre perception de l’éducation et, par la bande, de la condition d’étudiant. Cette façon d’appréhender notre rapport à la connaissance et au travail s’oppose en tout point à la vision d’esclave-satisfait-de-son-sort qui a encore cours – bien que plus pour très longtemps – dans le discours ambiant. Dans ce mode de pensée ancré dans l’imagerie du porteur d’eau qui en arrache, mais qui est fort comme un cheval, on estime qu’il serait parfaitement naturel que les étudiants vivent dans la plus abjecte pauvreté, s’alimentant de façon malsaine (i.e. « Mangez du Kraft Diner! Ça ne vous tuera pas! »), s’aliénant complètement de toutes formes de développement technologique (i.e. « Ça n’a pas de bon sens! Ils ont des téléphones cellulaires! ») ou encore se gardant de participer à tous types de rassemblement social (i.e. « Ça se dit pauvre, mais ça va prendre des cafés ou de la bière en gang! »), sans quoi ils n’auraient pas la légitimité nécessaire pour émettre la moindre revendication.

En mon sens, la meilleure façon de rater la révolution de l’information et, implicitement, de plonger le Québec dans un marasme économique sans précédent, serait de mettre en pratique ce programme ascétique de benêt docile. En effet, le travail, dans ce que nous pouvons nommer l’économie du savoir, requiert des aptitudes très différentes de ce qui fut autrefois demandé des salariés. À ce titre, on peut noter que ce que l’on appelait il y plusieurs années recrutement de main d’œuvre est désormais désigné par acquisition de talents. Comme nous le verrons à l’instant, cette translation au niveau des termes n’est probablement pas survenue en vain. Lire la suite

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Mon injuste part

Mme. Beauchamp,

J’ai pris la décision d’écrire à propos de ma situation  non pas parce que mon cas est original, mais plutôt parce qu’il me parait extrêmement banal, reflétant, en substance, les problèmes que rencontrent la majorité des étudiants du Québec.

À la fin du mois dernier, le sévisse d’aide financière aux études m’a fait savoir que je n’avais plus accès au programme de prêts et bourses parce que mon salaire annuel était suffisamment élevé pour que je puisse faire ma juste part dans le financement de mes études. Bien entendu, l’AFE ne s’est pas contenté de couper mon accès au programme : on m’a aussi fait savoir, peut-être à la blague, sait-on, que je devais impérativement leur rembourser 750$ versé en trop. Au fait, il se chiffre à combien mon salaire annuel astronomique? 12 000$. Là-dessus, on juge que je devrais retrancher 8 000$ de frais de scolarité si l’on inclut la hausse projetée, ce qui me laisse la rondelette somme de 4 000$ (6,67 iPads ou 0,26 char de l’année).

Cette décision arrive à quatre cours de la fin de mon Bac. Une session : c’est tout ce qu’il me restait à faire pour terminer mes études. Notez bien que j’utilise l’imparfait car je ne vois absolument pas comment je pourrais trouver à temps l’argent nécessaire à la poursuite de mon parcours académique. Lire la suite

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L’évocation de la nation chez François Legault

L’évocation de la nation chez François Legault

François Legault est le politicien (non-élu) duquel il fut le plus question au cours des derniers mois dans l’actualité politique québécoise. Ancien ministre péquiste et fondateur de la compagnie aérienne Air Transat, Legault est le nouveau représentant du changement dans la joute politique au Québec. Avant d’être officiellement un parti politique, la Coalition Avenir Québec que dirige Legault se voulait un groupe de réflexion et de consultation populaire non partisan, c’est-à-dire dans le contexte québécois, ni fédéraliste, ni souverainiste. Ici, l’important est désormais de redonner vie au Québec : il faut « solidifier les fondements de notre société[1] » pour qu’elle soit plus performante, plus attrayante et à terme, fière d’elle !

Ni souverainiste, ni fédéraliste, pour une posture nationaliste.

Le texte fondateur du mouvement rendu public au début de l’année 2011 avait pour but de bien baliser le ton et l’angle sous lesquels se dérouleraient les rencontres avec les citoyens. Pour les membres de la CAQ, il allait de soi que la société québécoise avait « perdu ses repères et la confiance en elle-même » et ce, principalement en raison de l’incapacité du peuple québécois « à trouver une solution rassembleuse à la question nationale [2]». À défaut d’être en mesure de trouver une solution suscitant de l’intérêt quant au statut du Québec à l’intérieur du Canada, Legault rétorque qu’il faut plutôt « prendre une position nationaliste[3] ». En effet, puisqu’avant même d’être fédéralistes ou souverainistes, nous dit Legault, les Québécois sont « très majoritairement nationalistes [4]».

Dès sa naissance, le mouvement politique de Legault alimente le paradoxe. D’un coté, il avance la nécessité de réaffirmer un monde commun basé sur l’intérêt de la nation, et de l’autre il revendique le fait qu’il soit impossible pour l’instant de trouver une solution nationale au problème qui porte son nom. Mais alors, comment savoir ce qui est de notre intérêt si on ne peut pas d’abord dire qui l’on est ? Opter pour une position nationaliste ne suppose t-il pas a priori une adhésion commune dans l’acte de faire nation, quant à la nature et la fonction de la nation, et donc au final : à une résolution de la question nationale ? Lire la suite

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Les enjeux de la grève étudiante de 2012: pourquoi sommes-nous contre la hausse des frais de scolarité?

Les étudiants en sciences humaines de l’UQAM sont maintenant en grève depuis quelques semaines et le mouvement ne cesse de s’intensifier. Ce mouvement connaîtra probablement son apogée le 22 mars alors qu’une manifestation nationale regroupant des étudiants de la CLASSE et de la FECQ-FEUQ se tiendra à Montréal. Cet article se veut une réflexion sur le sujet quant à savoir quel est le but recherché par cette grève et quelles en sont les revendications. Il s’agit également, dans un deuxième temps de dénoncer quelques décisions, évènements ou incidents fâcheux qui ne font, au final, que miner les efforts de la mobilisation étudiante.

Un choix de société

Il faut tout d’abord se demander pourquoi ne voulons nous pas de cette hausse de 1650$ sur 5 ans. L’enjeu peut sembler à priori d’ordre économique mais en est-il vraiment ainsi? Une bonne partie de l’argumentaire des mouvements étudiants semblent malheureusement donner raison au discours individualiste et économique en admettant que l’éducation est avant tout un investissement personnel. Bien que cette dernière ne soit pas complètement fausse, il est dangereux, voire suicidaire de se lancer dans cette optique. Il faut arrêter de tenter d’expliquer le tout à partir des simples parties et recommencer à percevoir la société comme un tout qui vaut plus qu’une vulgaire somme des individus. Prenons par exemple les pays qui ont opté pour un système d’éducation gratuit ou très accessible, c’est-à-dire la plupart des pays d’Europe (que l’on oublie trop souvent). Ces systèmes mis en place ne l’ont pas été pour servir les intérêts personnels de chaque individu voulant investir pour son propre avenir. Ils ne l’ont probablement pas été non plus pour favoriser une plus grande fréquentation des universités. Il s’agit tout d’abord d’un choix de société. Ce qui veut dire que chaque société choisis des priorités, reflétant souvent les valeurs préconisées par celle-ci. C’est ainsi que certaines sociétés voient leur richesse dans leurs ressources naturelles exploitables tandis que d’autres, voient dans le savoir, une richesse bien plus grande encore. D’un point de vue économique, un tel choix s’avère souvent très avantageux pour une société car cela lui permet de ne plus se limiter qu’au secteur primaire de l’économie mais également de s’imposer d’avantage dans les secteurs secondaire et tertiaire, souvent propres aux pays les plus développés. Les premières grandes civilisations de l’humanité, en Mésopotamie, se son épanouies de cette façon et les pays les plus avancés de notre époque le sont pour les mêmes raisons. Lire la suite

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23 février

On va se dire les vraies affaires :

Les filles sont tellement plus jolies avec des carrés rouges dessinés sur les joues

-Les pancartes des manifestants qui laissent leur colère guider leur créativité sont une éternelle source de lol

C’est donc deux bonnes raisons superficielles pour aller « avec nous dans la rue »… Ça vaut déjà mieux que les arguments du MESRQ!

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